Agir, expérimenter, chercher.

Dans ma pratique, j’utilise mes photos d’éléments minéraux et végétaux. Elles contiennent des détails, des textures, des couleurs. De ce point de départ, je réagence leur contenu. J’ouvre un nouvel angle de vue : ce sont des compositions, des traits, des absences qui se trouvent sur le support. Chercher à récolter non seulement ce que je vois, mais aussi ce que je ressens face à ces éléments naturels : faire le vide et bâtir une perte de sens.

Lorsque j’entame mon travail, il y a 5 moments, des passages importants pour mes travaux.

Le premier est la mise en place de la composition, le choix des couleurs et la forme. Je définis les grandes lignes. Je dialogue avec des éléments de ma mémoire d’après les photos. J’entame une relation entre le vécu visuel ou corporel et la matrice. À bien y regarder, je travaille sur l’intime.

Le deuxième, c’est le corps qui prend le dessus, il participe entièrement à l’élaboration du processus de pose de l’encre, de ses diminutions, les mouvements, les arrêts, les élans, les ralentis avec les outils choisis. L’acte de création passe par la main et le corps.

Le troisième est la pose du papier et le tirage. Ce moment est fait de délicatesse et de concentration afin de suivre la matrice.

Le quatrième est l’analyse. C’est un moment de découverte. Entre le support et le résultat, il peut y avoir des différences marquées. C’est aussi un moment d’intimité particulier, l’émergence de sentiments qui montent.

Le dernier représente le détachement, lorsque le spectateur interprète ce qu’il voit et ressent.

Ce qui a été créé ne me regarde pratiquement plus, j’abandonne l’estampe à l’autre.  C’est encore une passation.
Ces passages intimes sont essentiels pour créer mes œuvres. De l’idée de base à l’exposition à autrui. C’est un sentiment très profond entre savoir et transmission.